Revue scientifique à comité de lecture

HISTARC n°10

Onze études consacrées aux traditions, aux réformes institutionnelles, aux patrimoines, aux transformations sociales et aux dynamiques économiques.

Bandeau de HISTARC, Revue Gabonaise d’Histoire et Archéologie

Sommaire

Articles du numéro

Chaque contribution dispose d’un accès à son résumé. Le lien vers l’édition imprimée est conservé.

Les rites de naissance chez les anciens Égyptiens à l’Ancien, au Moyen et au Nouvel Empire (2700-1085 av. J.-C.)

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Au cœur des institutions médiévales : les réformes monastiques de 816 et 817 pour réguler la vita monastica et moderniser l’imperium Francorum

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La danse comme patrimoine identitaire et politique : une analyse sociohistorique à partir des Mafa au Nord-Cameroun, XVe-XXe siècle

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Le patrimoine foncier de la Société du Haut-Ogooué (SHO) au Gabon : un investissement stratégique (1898-1956)

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Le dynamisme de la filière cola et son impact sur le développement économique et social en Côte d’Ivoire (2009-2020)

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En interrogeant le passé, l’histoire et l’archéologie éclairent les dynamiques qui façonnent nos sociétés. Chaque étude, chaque découverte ouvre une nouvelle voie vers la compréhension des civilisations anciennes, des mouvements sociaux et des identités culturelles. Ce numéro 10 se présente comme une mosaïque riche et variée de réflexions sur des sujets éloignés dans le temps, mais résolument actuels par leurs enjeux.

Les rites de naissance chez les anciens Égyptiens, étudiés par Phil. Mouhamadou Nissire Sarr et Cédric Mbah, rappellent que les premières heures de la vie étaient déjà entourées de symboles puissants et d’une sacralité dépassant les simples contingences biologiques. La naissance n’était pas seulement un événement familial, mais une véritable institution sociale, porteuse de sens pour la communauté tout entière.

Les réformes monastiques de 816 et 817, analysées par Éric Damien Biyoghe Bi-Ella, dévoilent les fondements d’une modernisation médiévale audacieuse, alors que l’Empire carolingien tentait de réorganiser le monde monastique et, au-delà, l’imperium. Ces réformes, parfois oubliées, ont laissé une empreinte durable dans l’histoire des institutions européennes.

David Maura et Pauline Bava’a Haydamai transportent le lecteur dans le Nord-Cameroun, à la découverte de la danse comme patrimoine vivant, identitaire et politique, témoignant de la résilience des Mafa face aux vicissitudes de l’histoire. Leur étude montre combien la danse, souvent reléguée au domaine du folklore, peut devenir un outil de résistance et d’affirmation culturelle.

L’article de Mamadou Bamba introduit le lecteur dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et dans la formation du sous-groupe baoulé Kode. Il révèle les mouvements migratoires et les recompositions identitaires qui ont marqué le centre du pays aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette étude souligne l’importance de l’histoire locale pour comprendre les enjeux nationaux actuels.

À travers le prisme de la Société du Haut-Ogooué, Fabrice Anicet Moutangou et Gilchrist Anicet Nzenguet Iguemba analysent un investissement stratégique ayant façonné le Gabon colonial. Ils ouvrent ainsi la voie à une réflexion plus large sur la gestion des ressources et le patrimoine foncier en Afrique centrale.

Le prince Adingra, figure politique du royaume Abron-Gyaman, fait l’objet d’une étude de Magloire Kra et Frédéric Secre. Les auteurs démontrent combien le parcours de ce personnage reflète les débats politiques complexes qui ont traversé cette région entre 1922 et 1963.

Chikouna Cisse revisite, de son côté, la transition du travail forcé à l’Apostolat du travail en Côte d’Ivoire. Cette transformation sociale et politique s’inscrit dans la période coloniale, mais ses répercussions se font encore sentir aujourd’hui.

Le travail de Judicaël Etsila explore les liens entre malbouffe et désorganisation sociale à Libreville à travers les pratiques alimentaires, tout en posant un regard critique sur les transformations sociales du Gabon contemporain. Ce thème trouve des résonances globales dans un monde où l’alimentation suscite des débats croissants.

L’enquête menée par Essoh Nome Rose de Lima sur le Lèbutu basl en pays odzukru questionne les modalités d’adaptation de la « modernité » dans des sociétés africaines traditionnelles, illustrant les tensions entre préservation des traditions et ouverture au changement.

Nonhontan Soro et Doyakang Fousseny Soro entraînent le lecteur dans les dynamiques économiques contemporaines de la Côte d’Ivoire à travers l’analyse de la filière cola, présentée comme un moteur de développement social et économique.

Enfin, l’inventaire archéologique du Sénégal proposé par Ibrahima Khalilou Diagne rappelle, avec une urgence certaine, que la sauvegarde du patrimoine constitue un enjeu crucial pour la transmission des savoirs et la préservation de la mémoire collective.

Ce numéro témoigne de la vitalité des recherches en histoire et en archéologie et invite les lecteurs à réfléchir à la manière dont ces études contribuent à mieux comprendre le monde contemporain en le mettant en perspective avec son passé. Au-delà des spécificités régionales ou thématiques, c’est une réflexion universelle sur le temps, la mémoire et l’identité que ce numéro 10 propose.

Dr Martial Matoumba Secrétariat HISTARC

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