Revue scientifique à comité de lecture

HISTARC n°11

Dix contributions consacrées à la médecine antique, aux formes de gouvernance, aux économies coloniales et aux transformations sociopolitiques contemporaines.

Bandeau de HISTARC, Revue Gabonaise d’Histoire et Archéologie

Sommaire

Articles du numéro

Chaque contribution dispose d’un accès à son résumé. Le lien vers l’édition imprimée est conservé.

Éviction des Africains du secteur forestier (1880-1930) : le début d’une spécialisation sociale du travail en milieu rural en Côte d’Ivoire

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Arthur Verdier : l’action d’un simple négociant rochelais pour la sauvegarde des intérêts français en Côte d’Ivoire durant la période coloniale

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De la construction d’un modèle de gestion « transthéorique » à partir de l’évolution des fonctions publiques des XIXe et XXe siècles

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Approche historique du phénomène des enfants placés dans les groupes socioculturels au Bénin : quel regard sur les Omo Odo en milieu yorouba à Porto-Novo (1990-2010) ?

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Migrants du septentrion camerounais et commerce des pattes et queues de bœufs à Yaoundé : incidence sanitaire et environnementale entre 1994 et 2021

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L’Église catholique en Côte d’Ivoire face aux enjeux de l’élection présidentielle (2016-2020)

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Ce onzième numéro de la Revue Gabonaise d’Histoire et Archéologie réunit dix contributions scientifiques qui éclairent encore un peu plus l’histoire du monde et de l’Afrique. Les auteurs abordent un large éventail de sujets, de l’histoire ancienne aux transformations contemporaines.

Mian Newson Kassy Mathieu Assanvo, de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, traite de la perception de la médecine hippocratique par le philosophe Platon, en se concentrant sur la médecine diététique d’Hérodicos de Sélymbrie. L’auteur montre que Platon critique cette forme de thérapie, qu’il considère avilissante pour le patient parce qu’elle restreint sa vie sociale et sa liberté individuelle. Le traitement apparaît comme une mort lente menant à une existence recluse. L’étude souligne également le fardeau financier et l’ostracisme social auxquels peuvent être confrontées les personnes aux moyens modestes qui suivent ce traitement.

Patrick Joël Adjivessode, de l’université d’Abomey-Calavi, discute de l’interprétation de l’affirmation selon laquelle « en Afrique, le roi a droit de vie et de mort sur ses sujets ». Il interroge l’idée d’un pouvoir royal illimité et examine sa compatibilité avec les traditions africaines et les réalités de la gouvernance précoloniale, à partir d’une recherche documentaire et d’une analyse critique des données.

Kokou Apegnon, de l’université de Lomé, examine les origines et les caractéristiques du peuple bèdrè au Togo. Il étudie son environnement géographique ainsi que son organisation politique, sociale et économique avant les premiers contacts avec les Européens, en mobilisant des sources orales et écrites pour mieux faire connaître ce groupe.

Kassi Pascal Tano, de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, analyse l’émergence puis l’éviction des Africains du secteur forestier en Côte d’Ivoire à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Initialement dominée par des acteurs africains, l’industrie passe progressivement sous le contrôle de puissantes entreprises européennes, avec le soutien actif de l’administration coloniale. L’auteur montre comment ces politiques ont favorisé une spécialisation sociale de l’économie ivoirienne et réorienté les Africains vers le secteur agricole.

Alain Konan Brou, de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, s’intéresse à la vie et aux actions d’Arthur Verdier, négociant rochelais qui joua un rôle important dans la sauvegarde des intérêts français en Côte d’Ivoire durant la période coloniale. Son parcours de marin, de commerçant et de fondateur de postes de traite à Grand-Bassam et à Assinie met en lumière la contribution d’un acteur moins connu que les grands explorateurs de son temps.

Fabrice Nfoule Mba, de l’Institut de Recherche en Sciences Humaines, observe l’évolution de deux systèmes d’administration publique, l’un « ouvert » et l’autre « fermé », dans des contextes politiques, sociaux et économiques différents. Il étudie leurs transformations et leur hybridation aux XIXe et XXe siècles, depuis le système fondé sur l’emploi aux États-Unis jusqu’aux modèles de carrière adoptés dans l’Afrique francophone postindépendance.

Arnaud Achille Gbènassou Gnidehoue, de l’université d’Abomey-Calavi, aborde le phénomène des enfants placés, appelés Omo Odo, au Bénin, en particulier dans le milieu yorouba de Porto-Novo. L’étude retrace l’évolution de cette pratique entre 1990 et 2010, les origines géographiques et identitaires des enfants concernés ainsi que les relations entretenues avec leurs familles d’accueil.

Prince Nico Tchoudja, de l’université de Douala, analyse l’impact de la vente informelle de pattes et de queues de bœufs sur la santé des consommateurs et sur l’environnement de Yaoundé. Il rappelle que la dévaluation du franc CFA en 1994 a aggravé les difficultés économiques de nombreux ménages et favorisé des migrations vers la capitale. Cette activité commerciale, largement investie par des migrants venus du nord du Cameroun, a prospéré tout en soulevant des risques sanitaires et environnementaux.

Mamadou Yeo, de l’université de San Pedro, porte son regard sur l’impact de la crise sociopolitique ivoirienne de 2002 à 2009 sur le projet de développement de la culture du soja dans le nord-ouest du pays. En combinant recherche documentaire et enquêtes de terrain, il examine les conséquences de la crise sur les paysans, les techniciens agricoles, la main-d’œuvre, les installations et les équipements, ainsi que les efforts inégaux de relance du projet.

Thierry Hugues Adoubi et Hyacinthe Digbeugby Bley, respectivement rattachés aux universités Alassane Ouattara et Félix Houphouët-Boigny, analysent l’implication de l’Église catholique dans le processus électoral ivoirien de 2020. Ils mettent en évidence ses préoccupations face à la dégradation du climat sociopolitique, notamment autour de la Commission électorale indépendante, et évaluent ses initiatives en faveur d’élections apaisées.

Dr Martial Matoumba Secrétariat HISTARC

Édition imprimée

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